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  • Stéphanie Loré

"Baïkonour" Odile d'Oultremont chez L'Observatoire



"On ne crache pas, personne ne crache, sur l'espoir."p.178


Depuis toute petite, Anka a pour meilleure amie et confidente la mer. Elle navigue avec son père Vladimir, pêcheur de crustacés, et ne lâche pas l'idée qu'un jour la barre lui reviendra. Son père lui refusera de se former à la pêche arguant que c'est un métier trop dangereux. Elle sera donc coiffeuse, comme sa marraine, furieuse contre la misogynie des marins, toujours attachée à son rêve.

Et puis, le 17 février 2017, il y a une tempête en mer et si le bateau de son père, le Baïkonour, est retrouvé, l'homme ne l'est pas. Anka a vingt-trois ans, elle est célibataire, coiffe de petites vieilles et est très en colère contre l'océan auquel elle ne peut pardonner de lui avoir pris son père. Son ami intime devient alors ennemi. Vraiment ?

Marcus a tôt fui le milieu familial réduit à son père, chômeur de métier, depuis le départ de sa mère vers un horizon plus amoureux et plus ambitieux. Il a décidé de devenir grutier parce qu'il aime la solitude, aussi parce que s'élever permet d'échapper, même si ce n'est que pour quelques heures, aux contingences, parce qu'il se régénère là-haut d'une vue dégagée et toute-puissante. Depuis son perchoir, il observe les autres vivre et repère une jeune femme qu'il trouve jolie et dont il voit le brisement, c'est Anka.

La vie est malicieuse et bienveillante, elle les fera se rencontrer...


Un roman tendre sur la vie et les gouffres qu'elle nous fait frôler, ces failles dans lesquelles elle nous fait tomber, ces évènements qui foudroient. Le deuil en est un et l'auteure en parle avec finesse : le mur de stupéfaction qui paralyse, la pudeur face à la tristesse, les mots impossibles. Tout ce que les douleurs nous apprennent sur nous, cela qui est source de choix, en entraînant un questionnement. Un roman comme une bouffée d'oxygène qui nous réaffirme - souvent, il le faut - que nous devons faire confiance à la vie, à cette petite voix intérieure qui nous pousse vers d'autres voies, vers d'autres bras. Une rencontre peut sauver, voilà une bien jolie conclusion.



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