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  • Stéphanie Loré

"Idiss" de Robert Badinter chez Fayard

Mis à jour : 10 mars 2019


"Aujourd'hui, ayant franchi son âge, je rêve à son passé qui est un peu le mien. Il m'émeut, mais j'en souris aussi, comme si un conteur d'histoires était assis devant moi et évoquait le destin de ma grand-mère, dans sa langue dont les accents ont bercé mon enfance." p.11

Robert Badinter endosse la manteau de conteur et nous raconte Idiss, le pilier de la famille, sa grand-mère adorée. Il nous parle de ce caractère noble fardé de naïveté qui a traversé les épreuves en conservant une foi vivace, parce que "l'Eternel est juste".

Idiss a, toute jeune, dû affronter les bras-de-fer avec un mari joueur... et perdant. Ce fût ensuite la fuite de sa Bessarabie roumaine natale pour Paris, l'étranger, l'étrange, dont jamais elle ne parlera la langue mais auquel elle s'intégrera malgré tout, à sa façon. La maladie l'emportera au printemps 1942, lui fermant les yeux sur la barbarie toute puissante qui atteindra les siens.

Sous une plume nostalgique, sincère et sculptée de tendresse, se dessine le portrait d'une âme simple, généreuse et intuitive, envers laquelle son petit-fils regrette sa réserve. Lui restent ces moments précieux de son enfance revisitée : les jeudis après-midi entiers passés au cinéma avec Idiss, son discret parfum d'eau de Cologne, le chocolat chaud épais couronné d'un nuage de chantilly partagé. Lui restent ces mots qu'ils nous donne à lire, chacun porté par un amour incommensurable, chacun souffle d'émotion qui dit joie et tristesse.


"Et je regrette de ne pas lui avoir dit plus souvent combien je l'aimais." p.121

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