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  • Stéphanie Loré

"Inland" Téa Obreht chez Calmann-Lévy


J'ai été séduite par le premier roman de Téa Obreht, "La Femme du tigre" paru en 2011 chez Calmann-Lévy. Nous y suivons Natalia, jeune médecin en ex-Yougoslavie, au lendemain de la guerre. Elle est en route vers un orphelinat situé de l'autre côté de la frontière lorsqu'elle apprend la mort de son grand-père. Celui qui a éveillé sa vocation, celui qui, grâce à ses histoires, l'emmenait dans un imaginaire riche en étoiles et en sagesses. Pour le retrouver, elle se rend dans le village où il est né et dont il ne lui a jamais parlé. Elle y découvre là ses racines. Un superbe roman sur les séquelles de la guerre, les douleurs transmises, nos échappatoires, sur l'identité des êtres et des lieux. Elle nous y dit le pouvoir de la fable.


Je suis autant charmée par ce deuxième opus qui nous entraîne dans un Far West étrange et exotique. Téa Obreht possède le talent de marier à merveille les récits.

Le premier fil est la vie de Nora dans l'Arizona de 1893, une terre dure et aride. Elle a trente-sept ans, a renoncé a beaucoup mais a conservé quelques rêves. Elle attend son époux Emmett parti au ravitaillement d'eau en cet été particulièrement torride. Elle gère ses deux aînés titillés par la testostérone, son petit dernier rescapé d'une mauvaise chute de cheval et qui est persuadé qu'une bête étrange rôde, et Josie, cousine de son mari, qui parle aux esprits.

Le second fil nous fait chevaucher aux côtés de Lurie Mattie, alias Misafir, qui pour échapper à la justice infiltre un convoi de Camel Corps partant soutenir l'armée américaine. Une vie de fuites et d'heureuses rencontres, surtout celle sa monture, un chameau qu'il nommera Burke.

Il y a des Indiens, des pionniers, des voleurs de bas chemins, des ivrognes, des chercheurs d'or, des âmes errant sur de vastes territoires, des vivants et des morts. Il y a des êtres hantés de manques sur lesquels, parfois, il n'arrivent pas à mettre de nom. "Inland" est un terme qui désigne l'intérieur des terres, aussi par métaphore nos territoires intérieurs, tout ce qui nous définit, entre ténèbres et lumière. Téa Obreht nous dit le pouvoir des ombres et la recherche d'un endroit à soi où garder notre coeur vif.

Un roman qui mêle poésie, légendes et noirceur de l'âme humaine sous une plume envoûtante.


"Il y a des blessures qui affectent le temps, d'autres les gens. Parfois les gens se remettent de leurs blessures, mais le temps, lui, ne le peut pas."

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