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  • Stéphanie Loré

"Les orages" Sylvain Prudhomme chez Gallimard/L'Arbalète


Sylvain Prudhomme nous offre, dans son nouvel opus, treize histoires, treize vies dans un aperçu fugitif, cependant dans ce qui constitue leur suc vital, leur sève, leur essentiel. Il nous raconte des rencontres fortuites et décisives - l'altérité est l'un des thèmes récurrents de son oeuvre -, les gestes que l'on croyait oubliés et qui sont profondément ancrés en nous, les affres du vieillissement - superbe nouvelle que celle où un homme entre deux âges, revenant d'un enterrement avec ses parents, prend conscience que c'est sans doute la dernière fois qu'il est avec eux assis à l'arrière de leur voiture -, les rêves sagement remisés, les dialogues manqués et dont l'on reste impuissants à expliquer la raison, ces lieux où l'on a vécu l'intensité et qui n'ont plus la même aura lorsqu'elle s'en est allée, aussi ces endroits que nous continuons à hanter, le bonheur simple de se sentir vivant après avoir échappé au pire.

Il n'y a pas de héros ni d'héroïnes dans les écrits de Sylvain Prudhomme, simplement des êtres humains comme vous et moi qui tentent de résister aux coups du sort vaille que vaille, s'attachant à leur flamme intérieure, se nourrissant de chaleur humaine. Des êtres qui, malmenés par des circonstances qui occasionnent des fêlures, apprivoisent leur vulnérabilité et s'accrochent aux bords des gouffres jusqu'au retour au calme. Parce qu'il y a toujours un retour au calme dans ces histoires traversées d'orages de forces diverses qui menacent sans que la foudre frappe.

Sylvain Prudhomme écrit avec délicatesse les bouleversements intimes, les moments qui infléchissent ou bouleversent nos existences. Il fait preuve d'empathie et de bienveillance, nous donne à réfléchir sur ce qui fait le précieux de la vie. Si le temps passe, abîme, dénoue, nous perd parfois, nous avons la faculté de rebondir, nous pouvons savourer le bonheur d'être ensemble.

Il n'y a rien de mièvre dans sa façon de raconter mais une justesse de ton dans l'expression d'émotions pures, brutes, de la sensibilité, de la douceur, de la tendresse. Sylvain Prudhomme nous éveille à la sensorialité de l'instant avec une plume lumineuse.

Soyons attentifs aux frôlements de la vie...


"Je bois au Temps, cher ami. Au temps et à son élasticité. À ses galeries secrètes et ses double-fonds sans lesquels on pourrait tout de même vivre bien sûr - mais pas si bien."


Et lisez TOUT Sylvain Prudhomme !!!










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