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  • Stéphanie Loré

"Olga" de Bernhard Schlink chez Gallimard

Dernière mise à jour : 10 mars 2019


Olga naît au début du XXe siècle. Quand ses parents succombent tous deux au typhus, sa grand-mère paternelle l'emmène chez elle. Celle-ci, qui n'a jamais accepté le mariage de son fils et qui trouve inconvenant de donner son propre prénom à sa fille, décide de renommer Olga... qui résiste du haut de ses quatre ans et gagne. La petite fille sage et volontaire se fait en silence à la nouvelle situation.

Tôt, elle se lie d'amitié avec Herbert et Viktoria, les enfants du châtelain local. Les jeux sont heureux et innocents, sans que le fossé social ne se fasse sentir. Jusqu'à l'adolescence et ses émois... Olga et Herbert sont amoureux. "Ils s'étaient trouvés entre les classes et ils ne se sentaient pas liés par les conventions de ces classes." (p.40)

Olga sait que la famille d'Herbert n'acceptera jamais une union entre eux; Herbert ne veut plier mais ne sait comment contrer ses parents, alors il part, cédant à l'attrait du lointain et du n'importe où. Passionné et résolu, il revient raconter ses émerveillements à Olga qui jamais ne tente de le dissuader de voyager, parce qu'elle sait son bonheur de découvrir et qu'elle l'aime au point d'accepter de l'attendre.

Un jour, Herbert est porté disparu, au plus froid de l'Arctique. Jamais Olga ne le laissera...


Un roman à la simplicité apparente, profond et sensible, qui parle de la perte, de l'espoir, de la douleur, du deuil, du désespoir... d'un amour fou qui transcende l'absence... de la passion qui peut habiter nos vies et la brûler.... de tout ce qui guide nos pas et est, parfois, étrange.

Bernhard Schlink est l'écrivain talentueux de l'indicible, fin connaisseur de l'âme humaine et des gouffres de nos coeurs.


Somptueux !


"De même quand quelqu'un, homme ou femme, me dit son bonheur d'avoir trouvé un être avec qui l'on peut aussi rester sans parler. Cela fait du bien d'être lié avec l'autre sans être obligé de se donner en spectacle pour le distraire. Mais ce n'est pas une chose dont les uns seraient capables et les autres non, qui lierait les uns et séparerait les autres. Le silence s'apprend - en même temps que l'attente, qui va avec le silence." pp.152_153

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